Le site naval de Saint-Nazaire a livré, le 10 février 2026, deux sous-stations électriques destinées au projet Nordseecluster. Une prouesse industrielle française qui renforce la filière européenne de l’éolien en mer.
Mardi 10 février 2026, les Chantiers de l’Atlantique ont franchi un nouveau cap industriel avec la livraison simultanée de deux sous-stations électriques (433 MW et 225 MW) au consortium formé par RWE, dirigé par Tobias Keitel, et Norges Bank Investment Management.
Un savoir-faire industriel « Made in France »
Ces « transformateurs géants » sont destinés à un champ éolien de 1,6 GW situé en Mer du Nord allemande, à 50 km au large de l’île de Juist. À terme, en 2029, les 104 éoliennes du parc produiront l’équivalent de la consommation de 1,6 million de foyers.
Les deux structures, hautes de 22 mètres, intègrent 90 % d’équipements de fabrication française. La protection anticorrosion a constitué un défi technique de premier plan : pour garantir une durée de vie entre 25 et 40 ans, les 10 000 m² de surface de chaque unité ont reçu trois couches de revêtement époxy.
Des investissements massifs pour répondre au carnet de commandes
Pour soutenir cette cadence, les Chantiers de l’Atlantique ont investi 100 millions d’euros dans l’extension de l’atelier de peinture Anemos. La surface a été doublée pour atteindre 3 500 m², créant ainsi la plus grande alvéole de peinture en Europe. Cet outil industriel est dimensionné pour accueillir les futures commandes, notamment les sous-stations pour RTE (destinées aux parcs de Dunkerque et Centre-Manche 1 et 2) livrables entre 2029 et 2031.
Aujourd’hui, les EMR représentent 10 % du chiffre d’affaires du site nazairien, qui se classe désormais dans le Top 3 des fournisseurs mondiaux de sous-stations clés en main. Ce dynamisme génère un besoin de main-d’œuvre important, avec 600 emplois supplémentaires créés pour répondre aux 14 GW de projets engrangés récemment par la filière.